SATIROLOGIE

Groupe de Recherche sur la polémique, le pamphlet et la satire

SATIROLOGIE - Groupe de Recherche sur la polémique, le pamphlet et la satire

Journée d’étude «Parrêsia et processus de véridiction de l’Antiquité aux Lumières», Paris 7, le 7 décembre 2012

L’Équipe du CERILAC et Satirologie, Groupe de Recherche sur la polémique, le pamphlet et la satire, organisent, le vendredi 7 décembre 2012 à Paris Diderot-Paris 7, une journée d’étude intitulée: «Parrêsia et processus de véridiction de l’Antiquité aux Lumières».

Programme:

9h30: accueil et présentation

10h00: Pascal Debailly, «Parrêsia et vérité dans les Satires de Perse»

10h40: Michèle Clément, «Cynisme et parrêsia»

11h20: Jean Vignes, «Parrêsia et parole gnomique»

14h30: Martial Martin, «Le parrêsianisme»

15h10: Arnaud Welfringer, «La parrêsia dans les Fables de La Fontaine»

15h10: Florence Lotterie, «Hipparchia philosophe: Parrêsia, Lumières et féminin»

16h50: synthèse

Lieu: Université Paris Diderot – Paris 7 Salle 695 , Bâtiment C, 6e étage

5, rue Thomas Mann Paris 75013

Contacts : Pascal Debailly (pascal.debailly@wanadoo.fr), Martial Martin (martial.martin@univ-reims.fr), Jean Vignes (je.vignes@free.fr)

Télécharger l’affiche: journee-parresia

Théophile: mise en ligne de nombreux documents sur Gallica

Les Aventures satiriques de Florinde, éd. Filippo d’Angelo, Paris, Garnier, 2012

Présentation de l’éditeur:

Paris, 1625. Alors que, sous l’impulsion du procès de Théophile de Viau, le courant libertin subit une vague de répression, un petit roman licencieux est imprimé dans l’anonymat et la clandestinité. Il y est question des persécutions qu’un poète satirique subit de la part des autorités religieuses et politiques de son pays. Les Aventures satiriques de Florinde est un des premiers romans à la première personne dans l’histoire de la littérature française, mais aussi un des textes les plus audacieux du XVIIe siècle.

Les Aventures satiriques de Florinde is one of the first novels written in the first person in the history of French literature, but also one of the most daring texts of the seventeenth century.

URL de référence: http://www.classiques-garnier.com/editions/index.php?page=shop.product_details&flypage=flypage_garnier.tpl&product_id=668&category_id=15&option=com_virtuemart&Itemid=1&vmcchk=1&Itemid=1

Scarron, « Un vent de fronde s’est levé ce matin »: Poésies diverses attribuées à Paul Scarron (1610-1660), éd. Hubert Carrier, Avant-propos de Christian Péligry, Paris, Honoré Champion, « Sources classiques », 2012

Présentation de l’éditeur:

Cette édition des poésies publiées par Scarron de 1649 à 1652 constitue un ouvrage posthume du grand spécialiste des mazarinades que fut le professeur Hubert Carrier (1936-2008).
Après avoir consacré une thèse monumentale à La Presse de la Fronde (Droz, 1989 et 1991), puis une étude approfondie aux Muses guerrières : les mazarinades et la vie littéraire au XVIIe siècle (Klincksieck, 1996), suivie quelques années plus tard d’un Essai sur le débat politique au temps de la Fronde (Champion, 2004), il souhaita en effet compléter cette trilogie déjà considérable par une nouvelle publication dont le protagoniste n’était autre que l’auteur du Roman comique et du Dom Japhet d’Arménie,  » le malade de la reine « , comme Scarron aimait à se qualifier lui-même.
Dans son introduction, Hubert Carrier ne dissimule pas son intention de prolonger le travail effectué par Maurice Cauchie qui édita, il y a une cinquantaine d’années, en deux volumes, les Poésies diverses de Paul Scarron. Il examine donc ici à la loupe quelques-uns de ces milliers de pamphlets dirigés contre le cardinal Mazarin qui ont proliféré pendant la minorité du jeune Louis XIV et apportent à l’historien un précieux témoignage de par leur richesse et leur diversité, formant un  » vaste panorama des idées en même temps qu’une fresque immense des milieux sociaux et des moeurs « .
Hubert Carrier a focalisé son attention sur une quinzaine de pièces satiriques et burlesques dont la plupart peuvent être attribuées de façon certaine, probable ou plausible à Paul Scarron, cinq d’entre elles étant définitivement retirées de son oeuvre poétique. La célèbre  » Mazarinade « , qui a donné son nom à toutes les autres, les  » Cent quatre vers « , les  » Réflexions politiques et morales  » ainsi que les  » Triolets de la cour  » peuvent être assurément attribués à l’infirme de la rue Neuve Saint-Pierre (aujourd’hui Villehardouin), qui ne pardonna jamais à Mazarin d’avoir boudé la dédicace de son Typhon, en 1644.
La critique externe et interne des documents sélectionnés permet à l’auteur (au-delà des variantes qui en disent long sur l’impression de ces pamphlets souvent contrefaits ou corrigés sur la forme du typographe) de discerner le jeu ambigu de Scarron à l’égard du pouvoir et de lire entre les lignes une page particulièrement intéressante de notre histoire.

URL de référence: http://www.champion.ch/cgi/run?wwfrset+3+640415631+1+2+cccdegtl1+N+1+10364885

Genres et querelles littéraires, Édité par Pierre Servet, Marie-Hélène Servet-Prat, Cahiers du Gadges, n° 9, 2012.

Présentation de l’éditeur:

Dans la continuité de ses travaux sur la polémique (Polémique en tous genres, Cahiers du CADGES, n° 7), le Groupe d’Analyse de la Dynamique des Genres et des Styles (XVIe-XVIIIe siècles) propose ici une nouvelle approche centrée cette fois sur la constitution, l’holution et le statut des querelles littéraires, dans leurs rapports avec les formes génériques, qui peuvent être le lieu d’épanouissement, mais aussi l’enjeu des querelles, Celles-ci portent parfois sur des genres en quête de reconnaissance ou en cours d’évolution, Ainsi la « querelle d’Alceste»), à la fin du XVIIe siècle, ne vise-t-elle rien moins que le statut littéraire de l’opéra, et en arrière-plan, mais de manière essentielle, la nature de la tragédie, tout comme deux cents ans plus tard, le conflit politique et religieux qui oppose Ronsard aux protestants se double d’un débat littéraire qui modifie significativement son écriture et la conception même qu’il se fait de la poésie. Aborder les querelles par les genres dont elles se nourrissent et qu’elles façonnent est bien une question qu’affrontent toutes les communications ici rassemblées : comment le contexte éditorial, le public, le déroulement chronologique de la querelle, induisent-il le recours à tel ou tel genre littéraire? Certaines, quand l’objet s’y prête, vont cependant plus loin et permettent de formuler l’hypothèse que les querelles littéraires pourraient elles-mémes se constituer comme genre ou comme institution. C’est sans doute sur ce point que la réflexion est particulièrement féconde, A quelles conditions une querelle littéraire peut-elle en effet se statufier en genre littéraire? Objet vivant et insaisissable, que l’on identifie comme tel alors qu’il est déjà largement répandu dans la République des Lettres, les querelles ne risquent-t-elle pas alors, en s’accommodant d’un corpus génériquement stable, de mettre en péril leur existence même ? Car la querelle est par définition frondeuse, ou si l’on préfère polèmique, non seulement dans son objet mais dans son existence méme, surtout lorsqu’elle est elle-méme une imposture, comme chez Jean de Boyssiéres. Le traitement des genres littéraires dans une querelle peut tantôt les bousculer, tantôt les renforcer. On le verra ici largement à travers des querelles célèbres ou moins célèbres, qui toutes, même si certaines d’entre elles restituent, en filigrane, d’autres enjeux, en particuliers politiques, nous plongent au coeur même de l’institution et de la vie littéraires.

Sommaire:

Pierre SERVET et Marie-Hélène SERVET, Introduction, p. 5.

Jean-Raymond FANLO, Une nouvelle définition de la poésie dans la polémique de Ronsard contre les calvinistes, p. 17.

Thomas BERRIET, De la querelle d’honneur à la querelle religieuse : deux conceptions du juste blâme dans les controverses autour de Ronsard, p. 33.

Jean VIGNES, Les genres de la querelle et la querelle comme genre dans L’Estrille et drogue, au querelleux pédant de Jean de Boyssières (Lyon, 1579), p. 57.

Gilbert SCHRENCK, Les pasquils dans le Journal du règne de Henri III (1574-1589) de Pierre de L’Estoile : genre et collage pamphlétaires, p. 91.

Laurent ANGARD, Marguerite de Valois et « La Querelle des femmes » : des Mémoires au Discours docte et subtil, p. 117.

Julie MENAND, Les querelles littéraires du père Garasse, p. 139.

Jean-Marc CIVARDI, Les querelles dramatiques sont-elles un genre ?, p. 167.

Sylvain CORNIC, La « querelle d’Alceste » : de la légitimité de la tragédie en musique, p. 211.

Anthony McKENNA, La Querelle entre Bayle et Jurieu, p. 237.

Élodie ARGAUD, Structure polémique des Pensées diverses sur la comète : soubassements d’une querelle sur la Providence, p. 265.

Pauline BEAUCÉ, Évolution d’une querelle littéraire (1719-1731) : Fuzelier, La Motte et la parodie dramatique, p. 281.

Isabelle LIGIER-DEGAUQUE, 1725 : une année de polémique (Fuzelier vs Piron), p. 307.

Fabienne BOISSIÉRAS, Cas cliniques et positionnements philosophiques au XVIIIe siècle autour de la pathologie mentale : débats et polémiques, p. 331.

URL de référence: http://www.droz.org/fr/livre/?GCOI=26001100984460

Histoire et caricature, TDC n°1029, 1er février 2012, sous la direction de Pascal Dupuy

Depuis la Réforme et la contre-Réforme au XVIe siècle, la caricature n’a cessé d’accompagner les événements historiques en Europe. Elle doit son essor au progrès des techniques de reproduction et au développement de la presse, et connaît un premier âge d’or en Angleterre au XVIIIe siècle. En France, elle fleurit surtout au XIXe siècle, avec l’émergence de plusieurs générations de dessinateurs de génie, et ce malgré les efforts de la censure. En jouant sur la métaphore, l’allusion, le sens figuré, elle constitue en effet un contre-pouvoir efficace, d’une grande force corrosive, et habile à contourner les interdits.
caricature Hitler

Couverture de TDC février 2012 "Histoire et caricature"

Sommaire:

  • Articles :

Traits pour traits, par Pascal Dupuy
Aux origines du genre, par Marial Guédron
Napoléon et la caricature, par Philippe de Carbonnières
L’Assiette au Beurre, par Michel Dixmier
Femmes croquées, par Annie Duprat
L’histoire à la rescousse, par Guillaume Doizy
« Le dessin satirique n’a rien perdu de sa force », interview de Riss

  • Etudes de documents :
Luther, Cranach et la caricature protestante, par Guillaume Doizy
Louis-Philippe, une poire célèbre, par Fabrice Erre
Daumier et la caricature sociale, par Ségolène Le Men
Touchatout et ses histoires tintammarresques, par Guillaume Doizy
14-18 : les Français vus d’Allemagne, par Jean-Claude Gardes
Une caricature d’extrême droite, par Christian Delporte
L’existentialisme vu par Jean Effel, par Hélène Duccini
De James Gillray à Steve Bell ou les dessous d’une guerre, par Pascal Dupuy

Jean-Pascal Gay, Morales en conflit: Théologie et polémique au Grand Siècle, Paris, Le Cerf, 2011

Présentation de l’éditeur:

Cet ouvrage explore le long conflit qui divise le catholicisme français du second XVIIe siècle autour de la morale, depuis les premières escarmouches du début du siècle jusqu’aux condamnations prononcées par le clergé de France en 1700. L’étude de ce conflit repose sur la mise en relation de deux réalités culturelles distinctes : la polémique et la théologie. Elle reprend et inscrit dans une perspective de moyen terme une série d’épisodes et de phases d’affrontement avant et après la célèbre campagne des « Provinciales ». Cette enquête souligne combien la polémique devient un trait caractéristique de la culture du catholicisme moderne. Le conflit autour de la théologie frappe par son efficacité, et sa capacité à construire des traditions idéologiques créatrices d’identité. L’étude permet de mieux saisir les glissements sociaux à l’œuvre dans l’histoire de ce conflit culturel. Au-delà de l’intervention du laïcat, c’est d’abord et avant tout la prise de pouvoir de l’instance du public sur les questions religieuses que la polémique autorise, à une période où s’affirment les nouveaux « pouvoirs de la littérature ». Cependant, ce travail signale aussi son échec partiel. Les évolutions doctrinales sont lentes et fragiles. Si une culture de la rigueur morale s’affirme, la rupture rigoriste est moins radicale qu’elle ne le proclame. La force des formes de l’élaboration théologique préserve de nombreux ressorts d’une culture théologique indulgente. De fait, si l’étude de la polémique permet de percevoir la profondeur de la politisation des rapports ecclésiaux, l’examen de la production théologique montre également l’irréductibilité de la tension entre un savoir institué et sa mise en circulation devant le public. La culture confessionnelle du catholicisme français apparaît alors comme prise dans une contradiction fondamentale.

Voir la table des matières.