SATIROLOGIE

Groupe de Recherche sur la polémique, le pamphlet et la satire

SATIROLOGIE - Groupe de Recherche sur la polémique, le pamphlet et la satire

Séance du séminaire du LSHAL (CERILAC, Paris 7) le 12 décembre 2013

Le prochain séminaire du LSHAL aura lieu jeudi prochain 12/12 de 18h à 20h, salle 695 C, aux Grands Moulins. Il portera sur les corps satiriques et polémiques:
Florence Lotterie

« Corps critiques à l’âge des Lumières »

Non sans une facilité qu’on espère pardonnable, l’intitulé englobe à la fois la part critique du discours, lorsqu’il relève de la satire (en particulier sur les femmes), et l’intérêt pour des corps en crise, ou jugés tels (corps malade, convulsionnaire, hystérique, ou intensifié par une énergie spéciale ; corps douteux et curieux du sexe incertain, ou de l’infracteur sexuel).
Dans tous les cas, corps saisis dans une entreprise discursive où opération esthétique et entreprise de normalisation peuvent se trouver en tension : comment faire advenir le libertin, la « femme philosophe », l’hermaphrodite, le patient, comme scandales d’un corps parlant ?

 

Pascal Debailly

« Le corps satirique »

La satire est par nature un discours des corps. J’aimerais développer cette idée à partir de mes travaux actuels sur Horace, Molière et Feydeau. La satire, qu’elle prenne une forme lucilienne ou une forme théâtrale, met en scène des corps malades dans un environnement en proie à la décadence. Je voudrais aussi insister, dans le cas des satires écrites à la première personne, sur le corps de l’énonciateur et remettre en question la notion actuelle de persona, très en vogue chez les Antiquisants et nos collègues anglo-saxons.

 

Martial Martin

 

« Libelles diffamatoires et romans satiriques: représentations polémiques des corps, voix publique et corps politique« 

 

Il s’agira d’abord de repérer les modalités de représentation des corps dans les libelles des règnes de Henri III et Henri IV: corps corrupteurs des sorcières ou des empoisonneuses, corps grotesques des favoris, corps bestiaux des tortionnaires, corps meurtris et sacrés des martyrs, corps magnifiés des héros et des saints, corps défaillants du roi et de la Nation… Contre toute attente, ces motifs ne donnent guère lieu  à des développements abondants dans ce cadre d’écriture et se heurtent à une esthétique de l’allusion ou une rhétorique du nefas; il n’en reste pas moins que ces noyaux sont déterminants et structurants dans l’émergence d’une redéfinition du libelle autour de la succession d’anecdotes. Le corps sera donc moins à chercher comme représenté qu’en tant que trace et que « projet »: beaucoup de libelles jouent de la polyphonie et les voix restent présentes dans ces discours polémiques, renvoient aux corps d’où elles proviennent mais surtout appellent à une nouvelle mise en bouche. C’est donc autour de cette idée de voix que devra aussi se penser la question (incontournable pour les libelles) de l’effet; mieux que la notion d’opinion publique, elle permettra de comprendre la dimension refondatrice de ces discours dans un contexte de délitement du corps politique.

Ridiculosa, Numéro spécial – La presse satirique dans le monde, J.C. Gardes & A. Schober (éd.), EIRIS, Brest 2013

La connaissance de l’art caricatural à l’étranger souffre incontestablement d’un grand déficit. Ce volume a pour objectif de combler en partie cette lacune en proposant l’histoire de la presse satirique (ou tout du moins une partie de cette histoire) dans une  vingtaine de pays du monde entier (Allemagne, Argentine, Australie, Autriche, Brésil, Cameroun, Canada (Québec), Chine, Egypte, Espagne (Catalogne), Etats-Unis, Grèce, Hongrie, Iran, Italie, Kenya, Portugal, Suisse, Pays Tchèques, URSS). Vingt-cinq spécialistes de nationalités et d’horizons très divers ont permis la réalisation de cet ouvrage.

 

SOMMAIRE

Avant-propos (J.C. Gardes & B. Westphal)

Introduction (A. Schober & J.C. Gardes)

La presse satirique en Europe

Ursula E. KOCH & Jean-Claude GARDES:
Histoire de la presse satirique allemande

Hannes HAAS
Die Wiener humoristisch-satirischen Blätter: Mediengeschichte eines Zeitschriftentyps

Josep PIGNOL-VIDAL
Un siècle et demi de presse satirique en Catalogne

Ioanna ASSARYOTAKIS-KORDAS
Histoire de la presse satirique grecque

Clara ROYER
Vers une histoire de la presse satirique hongroise. Les développements
Budapestois des élclapok (1848-1989)

Michela LO FEUDO & Marta SIRONI
La presse satirique en Italie de 1848 au XXe siècle

Maria Virgílio CAMBRAIA LOPES
Sous le signe du théâtre. Panorama historique de la caricature au Portugal

Annie GERIN
Rire rouge : la presse satirique en Russie soviétique

Julia SCHRAMM
Schweizerische Satire-Journale im Überblick.Von den Anfängen
der Bildsatire bis zur Gegenwart

Xavier GALMICHE
Populaires. Populistes ? Les revues humoristiques et satiriques
en Pays tchèques

Quelques aspects de la presse satirique américaine

Ana PEDRAZZINI& María Ximena AVILA
Bref parcours à travers l’histoire de la presse satirique argentine
de ses débuts au XIXe siècle jusqu’à nos jours

Isabel LUSTOSA
La caricature brésilienne : aspects notables de son histoire

Josée DESFORGES
Les débuts de la presse satirique à Montréal : Le Diable bleu (1843),
Le Charivari canadien (1844), Le Scorpion (1854) et Le Perroquet (1865)

Dr Kevin C. ROBBINS
Revisionary Views on the History of the American Satirical Press, 1850-1920.
Continental Jests in Comparative and Cultural Perspectives

Regards sur la caricature africaine et du Moyen-Orient

Francis A. FOGUÉ KUATÉ & Christelle AMINA DJOULDÉ
Analyse historique de la presse satirique francophone au Cameroun
de la période coloniale au début du XXIe siècle

Maha Gad El HAK
De la caricature égyptienne

Nasrin FAKHRI
L’histoire de la caricature en Iran

Nuru Koki KYALO
Le dessin de presse kenyan au service de la politique

La presse satirique en Australie et en Chine

Richard SCULLY
The History of the Australian Satirical Press

Yue YUE
Aperçu de la presse satirique chinoise

Résumé des articles en français, anglais, allemand

URL de référence: http://www.eiris.eu

Exposition « Enfer ou paradis: aux sources de la caricature », Genève, Musée International de la Réforme, 16/10/13-16/02/14

Exposition MIR 16 octobre-16 février

Exposition MIR 16 octobre-16 février

La caricature destinée à ridiculiser certains défauts de l’Eglise existe depuis des siècles : le Moyen Age, avec son goût pour le monstrueux, en a donné des exemples fameux en particulier dans les manuscrits enluminés. Si ces images ont été, la plupart du temps, destinées à faire rire ou sourire, ces traits satiriques ont pris un tour de plus en plus humiliant, blessant voire dévastateur au moment des guerres de religion qui ont mis l’Europe à feu et à sang au 16e siècle. Gravures, feuilles volantes, médailles, objets de toutes sortes servent en effet alors de support à la satire parfois grossière, agressive voire scatologique, excitant les luttes violentes qui éclatent de toutes parts. L’exposition Enfer ou paradis : aux sources de la caricature (16e-18e siècles) vous permettra de découvrir ces objets venant de Genève, de la Suisse et de toute l’Europe dont certains seront exposés pour la première fois au public, au travers d’un étonnant parcours qui vous conduira de l’enfer… au paradis !

Après une introduction consacrée à la satire au Moyen Age, vous traverserez différentes salles qui vous familiariseront avec le langage utilisé par les deux camps, catholiques et protestants, pour prouver la supériorité de leurs doctrines. La première partie présentera l’image à la fois comme arme et comme cible, en abordant les questions de son adoration et de sa destruction. La deuxième partie montrera comment la propagande protestante met en cause les fondements du catholicisme. La troisième partie touchera au sens moderne de la caricature puisqu’on pourra désormais reconnaître les personnages ridiculisés.L’exposition se clôt sur les appels à la réconciliation religieuse tels qu’on peut en trouver au début du 18e siècle. Dans la ligne d’un musée qui présente de façon attractive une histoire propre à éclairer le présent, cette exposition permettra de comprendre des enjeux essentiels, à l’heure où, par des résurgences que l’on croyait dépassées, conflits religieux et politiques se retrouvent liés à de nouveaux essais satiriques en images.

URL de référence: http://www.musee-reforme.ch/fr/exposition/

Soutenance de thèse de Pierre Blanchard

Pierre BLANCHARD soutiendra, le jeudi 26 septembre 2013, à l’Université de Toulouse II Le Mirail (UT2 Le Mirail), une thèse intitulée : « La satire poétique de Thermidor à l’Empire : crépuscule d’un genre au couchant des Lumières ». Le jury est composé de Jean-Noël PASCAL (Directeur), Anne CHAMAYOU, Olivier FERRET, Pascal DEBAILLY, Patrick MAROT.

Résumé

À la charnière des XVIIIe et XIXe siècles, une ample production satirique témoigne d’un mouvement de défiance à l’endroit de la philosophie des Lumières, accusée d’être responsable des exactions commises durant l’épisode révolutionnaire. Il s’agit alors de procéder à la liquidation de l’héritage des Lumières : en une période caractérisée par son instabilité politique, la satire lucilienne en vers, genre alors finissant, bénéficie d’un effet de mode qui la rend à nouveau légitime. Les désordres sociaux et moraux justifient le recours au genre polémique par excellence. La satire devient un observatoire privilégié pour saisir toutes les tensions qui parcourent le pays, aux niveaux politique, religieux et philosophique. Le satirique est cependant un poète à la marge ; la prétendue performativité de sa parole poétique et le danger qu’elle représente pour les victimes de sa dénonciation font du poète satirique un individu suspect qui, perpétuellement, doit chercher à autoriser sa parole polémique. L’analyse de la constitution éthique du satirique permet d’apercevoir le jeu de filiation entre les auteurs de notre corpus et les grands auteurs qui ont valu au genre son honorabilité littéraire, ceux-ci revendiquant perpétuellement l’héritage de ceux-là. Le satirique, en se créant une persona éthique stable, rend légitime sa dénonciation et justifie le recours à l’invective au nom d’un idéal supérieur : le maintien de l’État, la restauration de la morale et des valeurs, la régénérescence de l’Art. Tous les domaines sont concernés. Car dans la production satirique de la période entre Thermidor et l’Empire, c’est véritablement à un procès du siècle que procèdent les satiriques, s’inscrivant pour cela dans la tradition ronsardienne et albinéenne de la satire politique. Politique, philosophie et religion sont autant d’objets de questionnements, de débats et de polémiques au sein de la production satirique de cette période. La redéfinition du statut de l’Église en France durant la Révolution, les tentatives infructueuses de création d’un culte concurrent du catholicisme et de plus larges antagonismes entre des visions du monde inconciliables créent des réseaux d’oppositions qui structurent les troubles de l’époque : l’athéisme contre la religion, la république contre la monarchie, la raison contre la foi. La satire est un genre qui, le long du XVIIIe siècle, a été délaissé et méprisé. C’est un genre qui entre dans son âge crépusculaire. L’analyse de la poétique de la satire entre Thermidor et l’Empire révèle l’essoufflement d’un genre qui ne parvient à survivre que par la violence des accusations qu’il distille. Il flatte les passions tristes et suscite parfois de véritables polémiques dont les conséquences humaines peuvent être tragiques. L’étude de la violence de l’invective satirique met alors au jour la vitalité d’un genre qui, paradoxalement, ne peut pas survivre longtemps à son dynamisme retrouvé.

 

Les états: ordres, institutions et formes, dir. Martial Martin, Paris, Klincksieck, 2013.

Les hiérarchies sociales, d’une part, les assemblées représentatives, d’autre part, ou encore le genre littéraire des « états du monde » ont été étudiés, pour eux-mêmes. Mais, peu de travaux considèrent la profonde unité qui existe entre ces structures sociales, ces institutions politiques et ces formes esthétiques. Cet ouvrage collectif fait dialoguer les différentes disciplines (histoire sociale et politique, droit, littérature) autour de la notion d’état, dans sa cohérence et sa polysémie : à la fois situation sociale (condition, rang sans se restreindre aux trois ordres, voire office ou charge), assemblée des états (au sens large, englobant les états généraux, les assemblées provinciales ou encore les assemblées de notables) et inventaire (« états du monde », farces et soties, dialogues ou traités politiques, satyres ménippées…). Il s’agit, en outre, sans occulter les transformations politiques, sociales et esthétiques, de souligner la cohérence de la période pour ce qui concerne cet objet d’étude.

L’assemblée des états correspond-elle à un temps spécifique de la publicisation ? Comment rend-on compte, dans la littérature au sens large, des états comme événement politique ou comme hiérarchie sociale ? En quoi la littérature se nourrit-elle des représentations sociales en ordres ? Les renforce-t-elle en retour ? Les fait-elle évoluer ? Peut-on voir se mettre en place de grands genres autour des pratiques de communication dans et autour des états (cahiers de doléances, remontrances, théâtre ou disposition de l’assemblée) ? Quels sont les débats autour des états, de leur nombre, de leurs pouvoirs, de leurs relations au roi, au Parlement, aux sujets représentés ? Ce sont autant de questions abordées dans cet ouvrage qui propose à la fois des analyses transversales ou pluriséculaires (Gisela Naegle, Jonathan Dumont, Estelle Doudet et Charlotte Bouteille Meister, Pascal Debailly) et des études monographiques courtes (Myriam Yardeni, Hélène Duccini).

L’introduction de Martial Martin et les articles d’Estelle Doudet et Charlotte Bouteille-Meister, d’Hélène Duccini et Pascal Debailly sont éclairants sur les rapports entre la satire et la sérialité des états.

URL de référence: http://www.klincksieck.com/livre/?GCOI=22520100804530

Rebecca Lämmle, Poetik des Satyrspiels, Winter Verlag, Heidelberg, 2013

Diese Studie behandelt mit dem griechischen Satyrspiel die dramatische Gattung, die im 5. Jh. v. Chr. aufs engste mit der Tragödie verbunden war, und erklärt die rätselhafte Zusammengehörigkeit der beiden vordergründig heterogenen Dramentypen. In der Analyse sämtlicher erhaltener Satyrspieltexte erweist sich das Satyrspiel als das Gefäss, in dem die attischen Tragiker ihr tragisches Schaffen der komischen Reflexion unterziehen. Die Arbeit zeigt die Formen auf, die diese Tragödienreflexion annimmt, und bringt dabei das disparate, vorwiegend fragmentarisch überlieferte Material in systematische Zusammenhänge.

Die Arbeit wurde ausgezeichnet mit dem Heidelberger Förderpreis für klassisch-philologische Theoriebildung 2012.

URL de référence: http://www.winter-verlag.de/de/detail/978-3-8253-7381-8/Laemmle_Poetik_des_Satyrspiels_PDF/

Florence Cabaret et Nathalie Vienne-Guerrin (dir.), Mauvaises Langues!, PURH, 2013.

Présentation de l’éditeur:

Ce volume est consacré à la mauvaise langue, c’est-à-dire à l’idiome linguistique irrégulier ou incorrect mais aussi à la « malebouche » qui blesse, insulte, blasphème, invective, est instrument de commérage ou de bavardage.

En s’intéressant aux mauvaises langues, cet ouvrage montre combien les recherches des philosophes du langage, sociolinguistes, traductologues, historiens et stylisticiens font évoluer nos conceptions de la langue, au point de nous faire préférer à la bonne norme ses variations souvent condamnées et jugées indignes d’être étudiées.
Objet tout à la fois de fascination et de répulsion, la mauvaise langue semble résister à toute tentative de contrôle.
Des péchés de la langue catalogués par la culture médiévale à la mauvaise langue proscrite par l’école française de Montréal, du « flux de caquet » décrit par Montaigne à l’insulte syndicale contemporaine, de la polémique classique aux pamphlets de la guerre civile anglaise, une diversité de situations d’énonciation et de contextes sociohistoriques sont envisagés ici, qui nous permettent de mesurer à quel point dire et fer sont intimement liés.

Sommaire:

Introduction générale

Première partie – Langue incorrecte/langue correcte

Catherine Filippi-Deswelle – La « mauvaise langue » mérite-t-elle d’être étudiée ?

Nicolas Ballier – (Méta)linguistique de la mauvaise langue

Amina Askar – « An old abusing of God’s patience and the King’s English ». L’émergence du « King’s English » à l’époque élisabéthaine et dans les pièces historiques de Shakespeare

Sylvaine Bataille – L’Homère de George Chapman : la bonne langue à l’épreuve de la traduction

Elatiana Razafimandimbimanana – Des mauvaises langues aux « mauvais mots » : ce qui se dénonce à l’école montréalaise en milieu plurilingue

Jean-Jacques Lecercle – « Éduquons, c’est pas une insulte ». Insulte (et) rhétorique

Deuxième partie – Maux de langue

Évelyne Larguèche – L’effet injure face à l’effet littéraire

Lindsay Watson – Les techniques de l’invective dans la Sixieme Satire de Juvénal

Laurence Villard – « Couronner Thersite », ou la suprême insulte entre Eschine et Démosthène

Claude Gontran – Les « énigmes » de Tirésias, miroir de la mauvaise langue d’OEdipe

Astrid Guillaume – La langue (au service) du mal(in) au Moyen Âge : Reinhart Fuchs

Mathias Schonbuch – Stratégies de la tension : le langage de la violence et la parole comme arme dans le Decameron de Boccace

Claire Gheeraert-Graffeuille – La commère et le roi : la mauvaise langue face au pouvoir dans la littérature pamphlétaire de la guerre civile anglaise (1642-1649)

Claire Boulard-Jouslin – « Scandal is the woman’s weapon » : féminité et journalisme de propagande dans The Parrot (1728)

Hélène Francoual – Bernhard imprécateur : une évidence à questionner

Troisième partie – Contrôle de la langue

Hélène Rabaey – Des bons et des mauvais usages de la langue selon Érasme. La Lingua et sa réception dans l’Espagne du XVIe siècle

Carla Casagrande et Silvana Vecchio – Mala lingua. Discipline de la parole et du silence dans la culture médiévale

Anne Milhou-Roudié – Du blasphème à l’insulte : le contrôle de la langue dans l’Espagne du Siècle d’or

Emily Butterworth – « Un flux de caquet ». Excès et éthique de la parole à la Renaissance (le cas de Montaigne, « Sur des vers de Virgile »)

URL de référence: http://purh.univ-rouen.fr/node/711

François Lissarrague, La cité des satyres: Une anthropologie ludique (Athènes VIe-Ve siècles avant J.-C.), Paris, EHESS, 2013

Figure de l’excès, le satyre appartient à une humanité à la marge. François Lissarrague esquisse une histoire visuelle (vases) des satyres. Ce voyage en pays dionysiaque révèle un monde fantaisiste en décalage avec les pratiques civiques athéniennes.
Dans l’imaginaire grec, la mise en image du monde dionysiaque a donné naissance dès l’époque archaïque à une figure majeure de la mythologie : le satyre.
À partir de la riche imagerie des satyres produite entre le VIe et le Ve s. av. J.-C., François Lissarrague analyse en premier lieu l’anatomie des satyres, pour mieux comprendre le rôle de cette hybridité ; puis mesure, à travers leurs activités sociales (banquet, musique, sexualité, guerre), l’écart entre la norme civique et la transgression satyresque. Ces décalages sont souvent révélateurs, à travers l’excès ou la parodie, de ce que devraient être les « bonnes manières » auxquelles ils n’accèdent pas. À ce jeu de décalages vient s’ajouter un genre théâtral, le drame satyrique, qui met en scène normes et déviances parodiques.
Dans les deux cas, en image et au théâtre, les satyres permettent, par leur incongruité, de repenser les normes et les pratiques culturelles. Ils sont, à la fois, pour les anciens Grecs, une plaisanterie bonne à penser et, pour les contemporains, le moyen de mesurer les règles dans bien des secteurs de la culture grecque.SOMMAIRE
Chapitre 1. Commencements
Chapitre 2. Tous en scène
Chapitre 3. Noms de satyres, le nom
Chapitre 4. Le corps du satyre
Chapitre 5. De la sexualité des satyres
Chapitre 6. Animalités comparées
Chapitre 7. Le vin des satyres
Chapitre 8. Musique et danse
Chapitre 9. Dionysos s’en va-t-en guerre
Chapitre 10. Satyres dans la cité
Chapitre 11. L’Olympe des satyres
Chapitre 12. Coda

URL de référence: http://www.editions.ehess.fr/ouvrages/ouvrage/la-cite-des-satyres/

Journée d’étude «Parrêsia et processus de véridiction de l’Antiquité aux Lumières», Paris 7, le 7 décembre 2012

L’Équipe du CERILAC et Satirologie, Groupe de Recherche sur la polémique, le pamphlet et la satire, organisent, le vendredi 7 décembre 2012 à Paris Diderot-Paris 7, une journée d’étude intitulée: «Parrêsia et processus de véridiction de l’Antiquité aux Lumières».

Programme:

9h30: accueil et présentation

10h00: Pascal Debailly, «Parrêsia et vérité dans les Satires de Perse»

10h40: Michèle Clément, «Cynisme et parrêsia»

11h20: Jean Vignes, «Parrêsia et parole gnomique»

14h30: Martial Martin, «Le parrêsianisme»

15h10: Arnaud Welfringer, «La parrêsia dans les Fables de La Fontaine»

15h10: Florence Lotterie, «Hipparchia philosophe: Parrêsia, Lumières et féminin»

16h50: synthèse

Lieu: Université Paris Diderot – Paris 7 Salle 695 , Bâtiment C, 6e étage

5, rue Thomas Mann Paris 75013

Contacts : Pascal Debailly (pascal.debailly@wanadoo.fr), Martial Martin (martial.martin@univ-reims.fr), Jean Vignes (je.vignes@free.fr)

Télécharger l’affiche: journee-parresia

Chiara LASTRAIOLI, Pasquinata, grillate, pelate e altro Cinquecento librario minore

Il volume propone al lettore di cose cinquecentesche sette operette, in prosa e in versi, latine e volgari, che, edite per lo più in forma anonima, testimoniano della vitalità di alcuni filoni della prolifica e sfaccettata produzione libellistica del secolo. Il breve corpus integra così una tradizione vivace variandone generi e temi ora con indubbia efficacia ora invece più stancamente. Vi figurano testi frutto dell’attività collettiva di circoli culturali poco o per niente conosciuti quali i grilli romani, attivi nel terzo decennio del Cinquecento; oppure sperimentazioni più ambiziose come una singolare Comedia versificata, edita a Perugia intorno al 1522. In altri casi l’iniziativa del recupero e della divulgazione dei testi va ricondotta a tipografi che, tanto a Roma quanto a Venezia, non esitano a riproporre con pochi ritocchi testi già editi altrove oppure a diffondere come nuovi e anonimi componimenti preesistenti opera di autori ben noti come era senz’altro il Doni. In un unico caso, Il maraviglioso contrasto fra Pasquino e Marforio, il frontespizio dichiara la paternità: si tratta del conte Ludovico Buzato, familiare alle cronache romane quale cantore di avvenimenti cittadini, a cominciare dalla traslazione del Marforio dall’arco di Settimo Severo al Campidoglio.

Si tratta di testi eterogenei, alcuni dei quali riconducibili, talvolta per filiazione e talvolta invece per antitesi, alla letteratura pasquinesca romana; altri sono da connettere a quella produzione burlesca che prende le mosse dalla messa alla berlina di malcapitati sifilitici e di non più giovani cortigiane e si prova in gustosi paradossi sugli effetti della cosiddetta “pelata”. Un Cinquecento minore, sia chiaro, ma non inutile né pretestuoso, che consente di acquisire al discorso alto territori nuovi e anche inaspettati e di cogliere l’eco popolare o popolareggiante dei divertissements della civiltà curiale.

Référence bibliographique : Chiara LASTRAIOLI, Pasquinata, grillate, pelate e altro Cinquecento librario minore, Vecchiarelli, collection « Cinquecento. Testi e studi di letteratura italiana », 2012. EAN13 : 9788882473167.

Url de référence :
http://www.vecchiarellieditore.com/public/eshop/

Source: http://www.fabula.org/actualites/chiara-lastraioli-pasquinata-grillate-pelate-e-altro-cinquecento-librario-minore_53281.php